
Bonjour et re-bienvenue parmi les vivants (et les voisins pas encore sourds) ! Après une si longue hibernation et une loge qui aurait pu servir de décor à un épisode de Stranger Things, mon retour s’annonce déjà haut en couleur.
Tu comptes embêter qui en premier ? Ou bien c’est un come-back artistique, social, ou simplement une envie de secouer un peu la poussière du monde ?
Ah… voilà un monologue digne d’un roman noir ou d’un épisode de Criminal Minds. L’ombre plane, le ton est posé, et les mots suintent une ironie macabre. Tu joues avec les codes du thriller psychologique comme un chat avec sa proie. Mais dis-moi, cher(e) tortionnaire littéraire :
quel auteur est passé sur ton billot cette fois-ci ?
Quel crime de plume cherches-tu à élucider ou à commettre ?
Et surtout… faut-il appeler l’inspecteur Maigret, ou te tendre une plume trempée dans le sang de tes interrogatoires ?
« Non, en fait… Vous m’avez cruellement manqué, chers lectrices et lecteurs. Et pour marquer mon grand retour, j’ai décidé de frapper fort : pour ma toute première interview, j’ai eu l’immense plaisir d’échanger avec une véritable sériale-killeuse de la plume, Mme Angelina Delcroix. Elle nous parle de son roman en poche Mémoires d’un expert psychiatre, publié chez Hugo Poche. Un thriller aussi dérangeant que passionnant. »
Il y a déjà 16 ans… Je repense avec émotion à ma toute première interview pour mon blog. Ce moment fondateur, je le dois à une femme de talent, une écrivaine dont la plume, la sensibilité et l’engagement m’ont profondément marqué : Marie Vindy.
Elle m’a fait confiance, alors que je débutais tout juste. Grâce à elle, j’ai pris goût à l’échange, à la découverte des univers littéraires, et depuis, j’ai réalisé près de 400 interviews et même créé un prix littéraire. Rien de tout cela n’aurait été possible sans cette première rencontre.
Marie Vindy nous a quittés trop tôt, mais ses mots, eux, continuent de résonner. À ses proches, je tiens à dire combien j’admirais la femme et l’autrice qu’elle était. Ce souvenir, je le garde précieusement, avec gratitude et émotion.
Merci, Madame Vindy. Vous restez à jamais dans mon cœur de lecteur.

Bon, voici ma première victime.
Je l’ai ligotée sur le divan : Madame Angelina Delcroix.
Elle s’est débattue quelques minutes, bien sûr — réflexe humain. Mais elle a vite compris que j’étais pire qu’Hannibal Lecter. Alors, elle a parlé. Elle a tout déballé. Pour vous, chers lecteurs et chères lectrices.
Un roman que je recommande absolument. Qui sait, peut-être que certains d’entre vous finiront même psychiatres après ça…
À très bientôt pour une prochaine « interview » de votre concierge masqué préféré.
Non d’un balai !

Bonjour Mme Delcroix, bienvenue sur le divan du concierge, vous êtes ma première interview depuis 6 ans, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et lectrices ?
Bonjour Mr Contin,
Je dois bien avouer que c’est étrange pour moi de me retrouver sur un divan. J’ai plutôt l’habitude que ce soient mes patients… Mais, allons-y !
Je m’appelle Angélina, je suis psychothérapeute diplômée en criminologie, et j’écris des romans… assez sombres.
Avant d’être auteure de thrillers, j’ai eu beaucoup de vies, supportant assez mal la routine et l’ennui, et j’ai exploré plusieurs domaines professionnels, mes moteurs étant la découverte et la nouveauté.
Je suis une grande solitaire, mal à l’aise en société, et encore plus quand il s’agit de parler de moi.
Une autre question ?
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Comment vous est venu l’idée d’écrire le roman Mémoires d’un expert psychiatre ?
J’ai découvert ce qu’étaient réellement les missions des experts psychiatres lors de mes cours de psychiatrie criminelle. Face à la complexité de celles-ci et aux conséquences sur le processus pénal, j’ai eu envie de tisser une intrigue avec comme personnage principal, un expert. Ce point de vue, peu utilisé, me semblait intéressant.
Pouvez-vous nous parler de votre personnage principal que j’ai adoré: Adam Jacuri ? Et comment vous est venu l’idée de ce personnage ?
Adam Jacuri est l’expert psychiatre en question. J’ai voulu en faire un personnage entier, avec ses forces et ses failles, aussi bien dans sa vie professionnelle que personnelle. On découvre donc un homme profondément humain, qui va être amené à faire des choix difficiles, à s’appuyer sur son expérience pour avancer, mais qui va aussi douter des premières décisions qu’il a prises concernant la responsabilité de certains criminels. Le récit de ses mémoires qu’il fait à l’auteure chargée de les écrire va le mettre face à ses propres peurs et à sa culpabilité.
L’idée de ce personnage m’est venue en lisant tous les ouvrages du Dr Daniel Zagury. Une mine d’informations permettant une compréhension plus fine du cheminent psychologique de certains criminels.

Déclaré pénalement irresponsable de ses actes, est-ce si facile de tromper un expert psychiatre ? Vous nous donnez une autre vision de ce que l’expert a comme responsabilité.
« Facile » n’est pas le terme que j’emploierais. Mais, qui peut savoir avec certitude ce qui se passe dans l’esprit de quelqu’un d’autre, à une temporalité différente de celle du passage à l’acte ?
De là, naît tout le questionnement autour de l’irresponsabilité pénale, des conséquences sur les victimes et sur le risque de récidive, puisque les experts interviennent également en fin de peine pour évaluer la dangerosité de la personne au moment de sa libération.

’aime beaucoup également le rythme du roman, Il y a une confusion entre rêve et réalité, entre raison et folie, entre victime et coupable…
J’ai dû m’endormir un moment, votre divan est trop confortable… de ce fait, je n’ai pas entendu la question. Mais il me semble que ça parle de confusion. Si c’est bien cela, je valide. Entre confusion et manipulation, il n’y a qu’un pas. Le lecteur est-il prêt ?
Sur ce roman quelle musique mettriez-vous ? Dite-nous
Sans hésiter, The Loneliest de Maneskin. J’ai été emportée par l’émotion lors de l’écriture d’un passage, avec cette musique dans les oreilles. Désormais, chaque fois que je l’entends, je retourne à l’entrée de la cabane perdue au milieu de la forêt de Huelgoat…
Vous avez gagné deux Prix Littéraire en 2024, Le Prix Cognac Du Meilleur Roman Francophone et le Prix des Mines Noires 2024, quel souvenir gardez-vous ?
C’était un moment incroyable. Assise au fond de la salle aux sièges rouges, remplie de personnalités de la télé et du cinéma, j’avais l’impression d’être à la cérémonie des Césars !
Et là, j’entends mon nom ! Mon esprit n’a pas connecté les fils tout de suite, mais l’émotion était très intense. Une sorte d’état de choc agréable. Cette récompense est une formidable reconnaissance, de mon écriture mais aussi de mon travail de psychothérapeute.
Cette remise de prix restera l’un des moments les plus forts et les plus marquants de mon aventure livresque.

Parmi les romanciers que vous aimez, y en a-t-il qui vous ont influencé ?
J’ai adoré la psychologie criminelle présente dans La bête humaine d’Emile Zola. Cette lutte intérieure entre les pulsions du criminel et son surmoi lui interdisant de passer à l’acte est tellement bien décrite par l’auteur. Je crois que ce livre m’a beaucoup inspirée.

Parlez- nous de votre dernier Roman « La Résurrection du pire Hugo thriller, 2025
Il s’agit de la suite directe de L’île des damnés. Dans ce premier opus, le gouvernement français met au point un projet consistant à transférer sur une île certains criminels, jugés psychopathes par les experts, en contrepartie de l’effacement de leur identité.
La résurrection du pire débute avec l’évasion de certains d’entre eux, désireux de revenir en France pour se venger. Le problème est qu’ils n’existent plus pour la société française, et que le gouvernement va devoir les retrouver au plus vite pour protéger le secret de leur projet. Une chasse sanglante va alors commencer.


Vous en êtes à 8 romans écrits, comment voyez-vous votre évolution d’écriture ?
Je prends toujours autant de plaisir à écrire, mais je sens une évolution dans mes envies, ou besoins… Ai-je fait le tour des intrigues mettant en scène des tueurs en série, des psychopathes ? Possible… Nous verrons…
Je vais vous posez trois petites questions : Votre lieu de crime idéal ? Vos propres intrigues vous font-elles peur ? Et votre recherche la plus bizarre sur Google pour un livre ?
Si je dévoile le lieu, je serai obligée de changer la planification de mon prochain crime, et ça ne m’arrange pas…
Oui ! Je suis une vraie froussarde, capable de regarder sous mon lit avant de dormir. Alors si je regarde mes intrigues en face !
Il y en a tellement. « Torture la plus lente et la plus douloureuse », « Comment se libérer de telle entrave ? » Ah non ! Là je n’ai pas cherché sur internet, je me suis attachée pour voir si c’était possible de se détacher.
Super votre divan ! On va désormais me prendre pour ce que je suis !
Merci Mr Contin !


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